I miss you (2/2)

I miss you

Le début de cette nouvelle est là : http://maud-eliet.com/2018/07/01/i-miss-you-12/

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Deux heures et quelques pintes plus tard, Émilie savait tout du groupe de Sam et posait un regard fiévreux sur le nouvel acolyte de son meilleur ami. Cheveux noirs mi-longs noués en catogan, mâchoires carrées, lèvres généreuses et yeux d’un vert profond, il commençait sérieusement à lui faire de l’effet. À moins que ce ne fût l’alcool ?

— Et si on continuait la soirée chez moi ? se surprit-elle à dire. Ma voiture est juste là. Je t’emmène.

Tom eut un petit sourire en coin.

— Je suis pas sûr que tu sois en état de conduire ! Et puis, moi, j’habite à cinq minutes à pied. Viens plutôt chez moi.

— OK.

Sitôt dit, sitôt fait. Le temps de régler leurs dernières consommations, les deux jeunes gens quittèrent Le Rubis pour rejoindre l’appartement de Tom.

Celui-ci se trouvait au dernier étage d’une maison du centre-ville. Le genre de vieille bâtisse admirée par les touristes depuis la rue, pleine de charme, mais mal agencée et sombre à l’intérieur. Heureusement, les murs étaient blancs.

Le jeune homme ayant proposé de commander des pizzas, ils s’installèrent sur son canapé en attendant la livraison. De la musique s’élevait d’une enceinte Bluetooth. Du metal, évidemment.

— C’est une prémaquette, précisa Tom, comme pour s’excuser.

— Des BTL’S ?

— Oui.

Émilie eut une moue appréciatrice. À défaut de les écouter avec beaucoup d’intérêt, elle avait souvent eu l’occasion d’entendre les productions des groupes de Sam. Et leur qualité était, comment dire… Relative. Là, clairement, on changeait de registre. C’était pro.

— Pas mal du tout.

Tom se redressa, un sourire d’enfant sur le visage.

— C’est moi qui ai écrit ce morceau. Il s’appelle I miss you. Ça te plaît ? Vraiment ?

Devant ses yeux brillants, la jeune femme se sentit prise d’une soudaine envie de l’embrasser.

— Tu me plais, oui, répondit-elle. Vraiment.

Et elle plaqua ses lèvres sur celles, charnues, de son vis-à-vis. Elles étaient douces, moelleuses, accueillantes et ne tardèrent pas à s’ouvrir pour laisser le passage à deux langues avides de se découvrir.

Alors qu’elle s’arrimait à sa nuque pour être sûre de ne pas le voir s’éloigner, il entreprit de déboutonner son chemisier. Bientôt, les deux mains du jeune homme furent sur elle, la faisant frissonner. Ses paumes étaient chaudes et fermes, sa langue légèrement sucrée. Émilie se rapprocha un peu de lui en se cambrant ; il répondit en délaissant sa bouche pour le creux de son cou et en glissant ses doigts à l’intérieur de son jean.

En quelques secondes, tous leurs vêtements rejoignirent le sol et, alors que le jeune homme, debout, le sexe dressé, lui tendait la main pour l’entraîner vers sa chambre, Émilie le fit s’asseoir, puis s’allonger sur le canapé.

Allongée sur lui, elle se remit à l’embrasser tout en parcourant son corps de caresses légères. Contre son ventre, le sexe de Tom palpitait, comme animé d’une vie propre. Elle se décala un peu et le prit dans sa main. Le soupir qui s’échappa des lèvres du jeune homme était sans ambigüité : il appréciait.

Se laissant glisser entre ses jambes, elle passa sa langue sur ses lèvres avec gourmandise avant de la glisser tout le long de la hampe dressée, depuis sa base à la peau légèrement granuleuse jusqu’au méat d’où perlèrent aussitôt quelques gouttes de liquide séminal.

Décalottant alors le gland gorgé de sang du jeune homme, elle le prit à pleine bouche.

— Les… les capotes sont près de mon lit, haleta-t-il bientôt.

— J’y vais.

De retour dans le salon, elle déchira l’emballage d’un coup sec. Tom lui adressa un regard fiévreux tandis qu’elle recouvrait son membre de latex, et, avant qu’il ait eu le temps de bouger, elle s’installa sur lui à califourchon. Saisit le pénis d’une main assurée et se laissa glisser sur lui.

Les paupières à demi baissées, elle prit le temps d’apprécier la sensation de plénitude que la présence d’un sexe masculin en elle lui apportait. Contracta les muscles de son périnée, comme pour vérifier que tout cela était bien réel. Puis entreprit d’aller et venir contre le sexe gonflé, les ondulations de son bassin lui permettant de titiller son clitoris à chaque passage.

Les neurones allégés par la bière, le cœur et la respiration affolés par les caresses qu’elle se prodiguait et les mains de Tom sur ses tétons érigés, elle ne tarda pas à jouir une première fois.

Le jeune homme reprit alors les rênes de la situation. Les fit rouler sur le côté pour pouvoir pénétrer Émilie à sa guise. Maintenant repliée contre lui l’une des jambes de la jeune femme, il s’enfonçait en elle avec une lenteur consommée qui ne tarda pas à la faire chavirer de nouveau.

— Jamais deux sans trois, chuchota-t-il à son oreille en se retirant pour la faire passer en levrette.

 

De nouveau allongée sur le canapé, la jeune femme respirait doucement, un sourire aux lèvres.

Tom s’était débarrassé du préservatif dans la salle de bains, puis avait revêtu un shorty bleu marine pour aller réceptionner les pizzas. L’enceinte Bluetooth diffusait toujours la musique des BTL’S. Une sacrée bonne musique. Surtout ce morceau, qui revenait en boucle : I miss you. Cette soirée était une réussite.

Quand la sonnerie de son téléphone retentit et qu’elle vit le prénom de sa sœur Alice s’afficher à l’écran, c’est d’une voix enjouée qu’Émilie décrocha.

— Allô !

Un silence lui répondit.

— Allô, Alice ? T’es là ?

Toujours rien. Puis, en fond sonore, un drôle de bruit. Une sorte de gargouillis.

— Alice ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu vas bien ?

Cette fois, le bruit était plus reconnaissable. Cela ressemblait à… des sanglots.

— Alice ! Dis-moi ce qui ne va pas !

— C’est maman, murmura alors une voix qu’Émilie ne réussit pas à reconnaître.

— Maman ? Eh bien ? J’étais avec elle tout à l’heure.

— Elle… elle est morte.

D’un coup, tout le plaisir éprouvé avec Tom s’évanouit. La légèreté procurée par les pintes de bière éclata comme une bulle de savon. Le froid saisit la jeune femme nue. Des crampes d’estomac l’obligèrent à se plier en deux.

Recroquevillée sur elle-même, elle réussit à peine à prononcer un mot.

— Co… comment ?

— Elle s’est étouffée. Avec de la gélatine. Tu sais qu’elle n’avait plus de sensations au niveau de la bouche. Elle a cru avaler, mais c’est parti dans les poumons. L’infirmière est arrivée trop tard.

 

Un hurlement silencieux déformait toujours la bouche d’Émilie quand les quatre BTL’S reprirent en chœur I miss you.

FIN

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juillet 15, 2018

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