À la vie à la mort

La porte a à peine le temps de claquer derrière nous que Sabrina se jette littéralement sur moi. La bouche en avant. Comme une mante religieuse après l’accouplement. Sauf qu’en fait on est plutôt avant.

Hissée sur la pointe de ses pieds, ses seins écrasés sur mon torse, les deux mains enserrant mon crâne, elle a plongé sa langue dans ma bouche avant que j’aie eu le temps de jeter mes clés sur la table en demi-cercle qui fait face à ma mini-cuisine.

Je suis un peu surpris, j’avoue, mais je ne vais pas cracher dans la soupe. On était censés boire une bière ; m’est avis que pour la bibine, on verra plus tard…

Histoire de ne pas être en reste, j’empoigne ses fesses à pleines mains et presse son bas-ventre sur le mien. La façon dont le tissu de mon jean se tend vers elle ne laisse aucun doute sur l’état de mon sexe : je bande déjà à mort.

À mort. Putain d’expression… Pourquoi est-ce que c’est justement celle qui me vient à l’esprit, là, maintenant ? Pour un peu, j’en perdrais mes moyens. Une partie, au moins.

Heureusement, la langue de Sabrina, envahissante, virevoltante, permet à mes neurones de retrouver leur place naturelle : en-dessous de la ceinture.

Pas que sa langue, d’ailleurs…

Je ne sais pas comment elle arrive à faire ça, avec mes deux mains agrippées à ses fesses, mais elle se frotte sur ma braguette en petits mouvement de bas en haut qui m’électrisent.

Et je ne parle pas de ses seins, aussi libres sous son tee-shirt que mes couilles dans mon caleçon.

 

Lâchant ma tête, elle se recule un peu. Un tout petit peu : mes mains la retiennent toujours. Jusqu’à ce que, ses yeux lançant des étincelles, elle me lance :

— Si tu ne me laisses pas m’écarter, je vais avoir du mal à ouvrir ta braguette.

Vous auriez résisté à ça, vous ? Moi, non.

Bon, je ne la lâche pas tout à fait. Mais je détends mes bras, remontant au passage mes mains jusqu’à sa taille, les glissant sous son tee-shirt. Sa peau me paraît incroyablement douce et chaude, mais vu ce qu’on a fait avant de rentrer chez moi, le contraire serait étonnant.

Toujours aussi décidée, mais sans précipitation exagérée – c’est une fille de sang-froid, j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte – Sabrina défait le bouton de mon jean’s, descend la fermeture éclair et glisse ses doigts à l’intérieur de mon pantalon. Avec difficulté, parce que mon érection ne lui laisse pas beaucoup de place… et juste quelques dixièmes de seconde.

La déception n’a pas le temps de m’envahir : je sens mes pulsations tendre le tissu de mon caleçon et les deux mains de la belle s’appliquer à faire descendre mon jean’s sur mes hanches. Une vingtaine de centimètres, pas plus.

Ses mains s’affairent maintenant à dégager mon sexe de son emballage de tissu et quand elle s’écarte un peu plus pour se mettre à genoux devant moi, je finis de la lâcher… en même temps qu’un soupir de satisfaction anticipée !

Sa langue, encore elle, se met au travail. Elle glisse le long de ma verge, à petites touches aériennes ou en généreuses glissades baveuses, mais toujours en évitant mon gland. Je n’en peux plus d’attendre, mais je me retiens, en fermant les yeux : je suis curieux de voir ce que la belle a prévu pour la suite des événements.

À suivre…

mars 29, 2017

Étiquettes : ,
  • Bravo Maud ! J’admire l’écriture d’une femme qui se met à la place d’un homme qui dit « Je » quand il fait l’amour… C’est juste. Je m’y suis essayé (dans l’autre sens, dire je à la place d’une femme, et c’était fade. Les femmes qui m’ont lu n’ont pas aimé. Les femmes connaîtraient-elles ce que ressentent les hommes mieux que l’inverse ?

    • Je n’ai pas la prétention de savoir ce que ressent un homme (d’ailleurs, ressentent-ils tous la même chose ? pas sûr !), mais je regarde, j’écoute, j’essaie de me mettre à la place de… et j’aime ça ! Si en plus, c’est juste, je suis ravie. Merci 🙂

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    CommentLuv badge

    Comments links could be nofollow free.